Un défi réussi pour Lionel BONNAURE

Après une magnifique saison avec le Pays d’Aix Venelles Volley Ball, notre statisticien s’est rendu dans le pays des Caribous. Voici une interview à son retour.

PAVVB : Tu as été contacté par l’Équipe nationale masculine du Canada à la fin de la saison avec le Pays d’Aix Venelles Volley Ball, quelle a été ta réaction?

L.B : J’ai dans un premier temps été surpris, puis après fier et pour finir hésitant de peur de ne pas être à la hauteur de ce que l’on allait me demander. 

PAVVB : L’Équipe de France féminine t’avait également contacté pour faire partie de leur aventure. Cela n’a pas dû être facile de faire un choix?

L.B. : Il a été difficile de faire ce choix, tout simplement parce que Félix André faisait parti du projet. Si ça n’avait pas été le cas, j’aurais eu plus de facilité à choisir. Après une longue réflexion, je me suis finalement orienté vers l’Équipe du Canada en raison du challenge proposé avec pour projet des compétitions comme la World League (groupe 1), les Championnats du Monde en 2018 et les Jeux Olympiques en 2020 à Tokyo. De plus, le fait de découvrir un nouvel environnement et d’apprendre de nouvelles méthodes de travail ont également fait pencher mon choix vers le Canada. Sortir de temps en temps de son confort de travail ne peut qu’être enrichissant intellectuellement !

PAVVB : De retour dans le secteur masculin, quelle est la différence avec le secteur féminin en tant que statisticien?

L.B. : La principale différence c’est le niveau d’utilisation de la statistique et des plans de jeu et la considération apportée à ces derniers. En garçon, on a l’impression que rien ne fonctionne sans plan de jeu, même les joueurs sont très concernés. C’est une vraie volonté commune ! 
Petite anecdote : Le premier jour où je suis arrivé à l’entraînement, j’ai dû stater 70 joueurs qui se trouvaient en sélection. Un d’entre eux est venu me demander ses statistiques directement à la fin alors que je ne les connaissais pas, mais il avait besoin d’une analyse , et c’est là où j’ai senti une importance de l’analyse de la performance. Bien évidemment je n’avais rien à lui donner, imaginez 70 hommes sur 3 terrains avec les mêmes tee-shirts noirs et aucun numéro… Le jour suivant, j’ai commencé à chercher des indicateurs, tels que les chaussettes, chaussures, cheveux ou pas… 

PAVVB : De retour en France pour quelques jours, tu reviens avec un second titre cette année : Médaille de Bronze à la World League, après une demi-finale face à la France, félicitations ! Peux-tu nous raconter le parcours de l’Équipe canadienne?


L.B. : Il faut savoir que l’Équipe Canadienne est composée d’un nouvel entraîneur : Stéphane Antiga (ancien capitaine de l’équipe de France, et champion du monde en titre en tant qu’entraîneur de l’équipe de Pologne). Stéphane a eu très peu de temps pour instaurer ses méthodes de travail, nouveau staff, beaucoup de nouveaux joueurs (dont des très jeunes sans expérience) cela faisait beaucoup de changements. Il y a eu beaucoup de questionnements et d’incertitudes avant d’attaquer la compétition !

Suite aux sélections, la surprise fût plus qu’agréable, car Stéphane a fait des choix qui ont rendu un groupe soudé et combatif : nous n’avions pas un 6 majeur mais un 12 majeur avec des valeurs. Les premiers résultats ne se sont pas fait attendre, le premier week-end de laWorld League nous avons battu la Belgique et les USA.
Petite anecdote : Battre un américain pour un Canadien c’est juste « Amazing » !

Les deux autres week-ends ont été moins fructueux en victoires, notre équipe affrontait des adversaires plus chevronnés. Le combat des Canadiens a finalement payé puisque l’on s’est retrouvé au « Final 6 », même si nous avons profité des contre-performances des équipes favorites.

Nous étions arrivés au « Final 6 » avec un peu plus de certitude, car nous avions réussi une performance exceptionnelle lors des phases de poule. Notre objectif était plus qu’atteint, mais là encore notre staff a su trouver les mots pour motiver le groupe. L’intervention de notre préparateur mental nous a guidé vers ce nouvel objectif : minimum deux victoires, ce qui pouvait potentiellement nous assurer une médaille.
Au programme, le Brésil et la Russie : le premier nous a effacés 3-1 sans que l’on démérite, mais la vraie performance fût réalisée contre la Russie avec une victoire maîtrisée de bout en bout et conclue par un cinglant 3-0.

Après ce nouvel exploit, nous avons rencontré l’Équipe de France en demi-finale ! Beaucoup d’émotions à ce moment-là pour moi, de jouer contre son pays ! (impossible de ne pas chanter la Marseillaise tout en supportant le Canada). En poule, nous avions perdu 3/0 sans dépasser les 18…alors que la demie a été plus disputée et nous en sommes sortis sans regret. 

Place 3-4 face aux États-Unis, à nouveau une fierté de battre les Américains ! Le début de match fût difficile, mais grâce au coaching et aux joueurs qui n’ont rien lâché, nous avons fini en beauté sur cette victoire 3/1.

Et pour finir cerise sur le gâteau : deux joueurs canadiens finissent dans le 6 de rêve (libero et central) !

PAVVB : Quelle est la suite des événements avec le Canada?

L.B. : À court terme, je rejoins l’Équipe masculine du Canada pour des matchs amicaux et la qualification au Championnat du Monde qui se déroule aux USA en septembre .
À long terme, j’aimerai intégrer un projet plus ambitieux au sein de la Fédération Canadienne mais le chemin a parcourir est encore long.

PAVVB : Enfin, parlons un peu du Club, puisque tu te réengages un an avec le PAVVB. Un beau duo avec Félix André en perspective !

L.B. : C’est le meilleur enrichissement que l’on pouvait avoir : lui par son rôle et son partage avec un autre staff et moi sur ma nouvelle vision avec le secteur masculin !
En plus, l’association avec Franck est également positive et constructive, je pense que l’on va avoir une dynamique nouvelle pour cette saison. N’oublions pas le reste du staff qui vont eux aussi nous aider dans cette nouvelle saison. 
Par ailleurs, nous avons comme chaque année, passé beaucoup de temps à choisir notre effectif et nous croyons beaucoup en nos choix !

Je tiens à remercier notre Président, Bernard Soulas, de nous permettre de nous épanouir au sein d’une Équipe nationale et de garder  une confiance en notre travail.